
NOS NUMÉROS
N°1: Quel est ton fantôme préféré ?
Cette nuit encore je n'arrive pas à trouver le sommeil parce que quelque chose me tient éveillée. Toujours cette même image, cette même musique qui me hante. C'est drôle comme on associe parfois des chansons à des individus qui finiront eux aussi par chanter leur dernier refrain.
L'inspiration est si fragile, encore plus quand elle est incarnée par une silhouette translucide.
Il y a des gens qui vous inspirent. Des gens de papier comme le disait Michel Foucault à propos de Don Quichotte. Des personnages qui pour comprendre les livres déchiffrent le monde. Ces gens-là ont une police particulière, un encrage au fusain, evanescent et délicat. Ils sont aussi fragiles que les ailes d'un papillon. Un rien les brise et de cette fragilité des ailes d'or leur poussent dans le dos.
De peur de les réduire en poussière, il vaut mieux les rêves la nuit, quand on n'arrive pas à trouver le sommeil.
Ce premier numéro met en avant ce qui hante nos funambules: séries, films, lives, musiques, jeux. Des lettres d'amour qu'ils rédigent ou dessinent secrètement la nuit.
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N°2: L'amour dans tous ses états

Tous les amoureux ont un jour écrit un mot d'amour à leur bien-aimé(e). Tous les amoureux ont ainsi connu la difficulté de trouver le mot juste, celui qui est synonyme d'aveu, ou celui qui cherche la réconciliation et le pardon. En grec ancien il y a quatre mots pour désigner « l'amour ». On parle d'Éros pour le désir et l'amour physique, Storgê pour l'amour filial et uni par les liens du sang. Philia peut être employé pour un amour amical et mutuel, enfin, Agapè renvoie à l'amour divin, inconditionnel et désintéressé. Force est de constater que derrière ce mot à la fois si fort et si impuissant à coller à nos émotions, il y a plusieurs manières d'aimer.
Ce deuxième numéro est la suite d'un premier fanzine sur les fantômes. La définition qu'apportent nos funambules n'est pas si loin de ce premier thème : Les fantômes nous hantent par leur absence. L'être aimé nous empoisonne quand il n'est pas, quand il n'est plus, et même parfois quand il est là. D'Orphée chantant pour sa défunte Eurydice aux chansons pop rock récentes, en passant par des poètes malheureux comme Nerval, tous les cris sont désespérés, toute la littérature et toute la pop ne parlent que de ça.
Nos funambules se sont donc livrés à un exercice intime : illustrer, écrire, analyser une vision de l'amour, sans en faire complètement le tour.
Et maintenant, comme le dit si bien « Medicine bottle » des Red House Painters :
« Giving into love and sharing my time
Letting someone into my misery »
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N°3: Au creux de la vague
Je t’écris cette carte depuis la fenêtre qui donne sur la mer. Elle est si belle l’été, quand les raysons du soleil la pare de son plus beau collier de perles. Ces quelques jours à la plage m’ont fait beaucoup réfléchir à ma place dans ce monde. Ne crois pas que je n’en ai pas profité ! Le soleil, le surf, les baigagnes à gogo... D’ailleurs, on a bien dragué vendredi soir autour d’un coca !
Oui, tout était vraiment parfait... Mais, tu sais comme je me noie facilement dans la contemplation de la nature. J’étais donc là, à admirer le va-et-vient des vagues et ma pensée s’est laissée couler elle aussi. Cette concentration de blanc, quand la vague se forme, on appelle ça le “bouillon”. Il apparaît quand la mer est agitée. Tu ne trouves pas ça bizarre, toi ? Agiter du vide ? Moi, ça m’a bouleversé ! Ce bouillon ou ce vide évoquait mon éternelle hésitation et mon angoisse permanente de ne pas être suffisamment au monde.
“Avoir la tête sous l’eau”, “être submergé”, “nager à contre-courant”, tant d’expressions qui me font penser que la vie est suspendue aux creux d’une vague plus métaphysique que physique. On parle bien de “vague à l’âme” pour désigner la mélancolie ou le mal-être.
Alors, j’ai essayé de remonter à la surface et de revenir sur le sable mouillé, puis sec. J’ai contemplé une dernière fois la vague, mais celle-ci s’est évanouie pour laisser apparaître un objet brillant: une bouteille avec un papier noué d’une cordelette.
[Disponible]






















