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Entretien-fleuve autour de "DISNEY AUJOURD'HUI" de Lewis KOUASSI

En avril dernier, l'artiste lillois Lewis KOUASSI a reçu LES ENTHOUSIASTES FUNAMBULES chez lui pour nous parler de sa création « Disney aujourd’hui » : un collage réalisé sur une grande planche en bois, mettant en scène des personnages issus de Disney et des logos de licences rachetées par la firme. Une occasion pour nous de rentrer dans l'univers qui fascine notre funambule depuis des années et de faire entendre la voix singulière d'un fan nostalgique du Disney d'autrefois.


"Disney aujourd'hui" présenté par Lewis KOUASSI.
"Disney aujourd'hui" présenté par Lewis KOUASSI.

RD: Pourquoi as-tu intitulé ta création Disney aujourd’hui ?


LK: Je pense d’abord que je ne voulais pas un titre compliqué. J’ai pensé la chose comme une illustration dans un dictionnaire. Comme s’il y avait écrit « Disney aujourd’hui » et que ma création était là pour le représenter.


RD: Pour toi, qu’est-ce que c’est Disney aujourd’hui justement ?


LK: J’ai voulu montrer ce qui me déplaît dans l’évolution de Disney mais il y a quand même des choses sur cette fresque qui font partie de ce que j’aime chez eux. Par exemple, il y a mes personnages préférés dans ceux qui sont représentés.


Quand j’ai découvert Disney, enfant, c’était surtout associé à l’animation. Puis j’ai appris qu’ils faisaient aussi d’autres choses et notamment qu’ils ont toujours eu de nombreuses filiales – achetées ou créées. À titre d’exemple, les films cultes Pretty Woman et Sister Act étaient issus d’une filiale de Disney appelée Touchstone qui n’existe plus aujourd’hui. Cela permettait de s’implanter ailleurs que dans l’animation, un peu pour assurer leurs arrières ou plus largement s’essayer à d’autres styles. Il est vrai qu’en ce qui me concerne ce qui fait l’essence de Disney, c’est l’animation, et j’ai toujours trouvé important qu’ils gardent ça au premier plan. Malheureusement ça a de moins en moins été le cas avec le temps.


Mais déjà du vivant de Walt Disney, il y avait des films en prise de vues réelles, comme leur version de 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne. J’ai l’impression cependant que les films « live » de Disney de cette époque sont peu connus, à la différence de ceux qui mélangent animation et prise de vues réelles comme Mary Poppins.


Je me souviens que dans les années 2000, Disney était en difficultés puisqu’ils ont essuyé les échecs comme Atlantide, l’empire perdu. Néanmoins il fait partie des films de cette période à l’instar de La Planète au trésor que le public a fini par réhabiliter avec les années et apprécier à leur juste valeur. Ils sont plus ou moins devenus des classiques bien qu’à la base ils aient été des échecs commerciaux. Quoiqu’il en soit Disney signera le « come-back » de son département principal – l’animation – à la fin des années 2000 en sortant des films comme La Princesse et la Grenouille, Raiponce puis bien sûr La Reine des Neiges dans les années 2010 qui deviendra l’un de leurs plus grands succès.


Ce qui m’avait marqué dans les années 2000, c’est que pour palier à la perte de vitesse en animation, Disney a pu se rabattre sur d’autres branches. Notamment la télévision, par le biais de chaînes comme Disney Channel qui a connu son âge d’or à cette période. À cette époque Disney rencontrait plus de succès grâce aux productions issues de cette chaîne qu’avec l’animation. On peut citer les phénomènes de société High School Musical, Hannah Montana ou encore Camp Rock. Je me souviens que ma sœur jumelle et moi étions hyper fans, même si je gardais ce côté puriste en me disant que je préférais toujours quand Disney était associé à l’animation.


RD: On voit à quel point Disney a essayé de se diversifier et que le résultat n'a pas toujours été au rendez-vous. Justement, sur ta fresque on voit Mickey en train de tout engloutir avec des yeux cupides : la 20th Century Fox etc.


LK: Oui il y a aussi des « résidus » de ce qu’il a englouti, on peut reconnaître les logos de Marvel, Lucasfilms ou Star Wars qui ont été grignotés. Je n’ai pas mis Pixar, j’avoue que je ne sais plus si c‘est un oubli de ma part au départ ou non. Toutefois, je me suis rappelé qu’ils étaient déjà en collaboration sur des films avant que Disney rachète Pixar. Ça me semblait moins important d’intégrer ce logo.

En tout cas j’ai la sensation que plus on a avancé dans le temps, plus on a dénaturé ce qui faisait l’identité de Disney et que cette politique de rachats en a été le paroxysme. À force, on reconnaît de moins en moins ce qui faisait que Disney était Disney. Qu’ils aient fait ces acquisitions c’est une chose, mais ils se les sont appropriées en les labellisant « Disney » comme s’ils en étaient les créateurs premiers, comme pour Marvel par exemple, alors que c’est la création de Stan Lee.

Après le décès de Walt Disney, je trouve qu’ils ont su respecter et faire perdurer l’esprit du créateur notamment dans les années 90 mais que progressivement c’est parti en vrille. Je pense qu’à force de vouloir préserver une rentabilité en tant qu’entreprise, ils ont fini par sacrifier l’ADN de l’œuvre de Walt Disney et l’ont fait passer au second plan.

En 2023, pour son centenaire, Disney a d’ailleurs mis tout autant en avant ses créations « pures souches » que ses licences rachetées. On avait l’impression que les héros Star Wars par exemple étaient désormais des personnages Disney au même titre que Donald ou Stitch alors qu’historiquement, ils restent bel et bien une création de Georges Lucas.

Parfois pour plaisanter, je me dis que Disney va finir par devoir changer de nom puisqu’on les reconnaît de moins en moins.



RD: Beaucoup de personnages montrent un visage renfrogné dans la fresque, pourquoi ?


LK: Ça se voit peut-être moins dans le rendu final mais au départ, je voulais faire quelque chose où les personnages Disney auraient quitté le siège de la firme, agacés par ce qu'elle est devenue et ne reconnaissant plus leurs créateurs. On peut voir une photo des locaux de la direction de Disney qui est d’ailleurs assez délavée. Ce n’était pas voulu, c’est dû à un problème d’imprimante mais je l’ai quand même gardée comme ça, j’ai trouvé qu’en fin de compte ça servait le propos. Comme si c'était l'identité de Disney qu'on avait délavée.


Dans la composition finale, on a surtout l’impression que ce sont Aladdin et Jasmine qui s’en vont, les autres ont globalement l’air désappointé et Blanche-Neige est morte.


RD: Justement je me demandais si tu avais ajouté la tâche rouge ou si elle était déjà sur le support.


LK: En fait non, elle était déjà là et à vrai dire je ne sais pas ce que c’est et ne préfère pas le savoir. Je me suis dit que c’était un « signe » qu’elle soit là. (rires)


Ce dessin de Blanche-Neige inspiré de la scène de la pomme empoisonnée, je l’avais fait à la fac et l’ai récupéré pour le coloriser. Symboliquement c’était intéressant de l’inclure à ce projet puisque c’est la première héroïne Disney. Comme si elle avait eu une réaction très violente au fait que sa maison-mère se soit perdue.


RD: Tu peux nous en dire plus sur le choix des personnages ?


LK: À vrai dire, à la base je n’avais pas prévu de faire ce projet même si j’avais en tête de faire quelque chose sur ma déception face à Disney. Mais ce n’était pas pensé, concret ni planifié.


J’avais juste envie de dessiner une énième fois l’affiche originale de Lilo & Stitch comme je l’ai fait je ne sais combien de fois étant ado. On peut y voir les personnages traditionnels de Disney effrayés par l’arrivée de Stitch, qui était à contre-courant de ses prédécesseurs à l’époque. Ce qui est amusant quand on connaît sa popularité aujourd’hui.

 

Ce qui était génial c’est que pour introduire Stitch au moment de la sortie du film, Disney avait recréé des scènes mythiques de la « renaissance Disney » des années 90, notamment de 4 films emblématiques, pour que Stitch y sème la zizanie. Les personnages qui en sont tirés sont présents sur l’affiche : Ariel et Sébastien de La Petite Sirène, le couple de La Belle et la Bête, Aladdin, Jasmine et le Génie d’Aladdin ainsi que Rafiki, Timon et Pumbaa du Roi Lion. On peut cependant y voir aussi des personnages plus anciens comme Simplet (Blanche-Neige et les 7 Nains), Pinocchio et Jiminy Cricket (Pinocchio) ou encore la fée Clochette de Peter Pan.


J’ai gardé cette idée-là, de mettre en scène des personnages Disney avec ce genre de réactions mais en les confrontant à la place, à ce qu’est devenu Disney. J’ai donc repris des personnages des 4 films caractéristiques de la « renaissance Disney » à l'exception de ceux du Roi Lion. C’est le film Disney préféré de bien des gens mais pour le coup il ne fait pas partie de mes favoris même si j'ai beaucoup de respect pour cette œuvre.


Pour revenir à Blanche-Neige, je l’ai d’abord choisie car c’est un personnage important dans l’histoire de Disney. Mais aussi parce que, Blanche-Neige et les 7 Nains est vraiment le Disney de mon enfance. Cendrillon, dans les anciens films du studio, est également un de mes préférés. J’ai intégré les méchantes demi-sœurs parce qu’elles me font délirer et j’adore leur chara-design. J’ai aussi mis Donald et Daisy qui font partie de mes personnages Disney traditionnels favoris également. Pour l’anecdote, Minnie et eux sont habillés comme dans la série animée Tous en boîte, même si j’ai un peu customisé le look de Minnie. Tous en boîte qui date du début des années 2000, n’est pas sur Disney+ pour le moment malheureusement, c’était le plus grand cross-over animé Disney. Le concept c’était un peu Le Plus Grand Cabaret Du Monde avec Mickey en maître de cérémonie (rires). Les spectacles sont en l’occurrence bien souvent des cartoons avec Mickey et ses amis sortis plus tôt mais qui n’avaient pas forcément rencontré le succès escompté. Ils ont alors été intégrés à Tous en boîte. Entre-deux il y a plein de scènes d’interactions entre énormément de personnages différents, qui sont dessinés plus ou moins correctement (rires).


RD: Tu m’as dit en aparté que le choix de la planche de bois comme support s’est fait par hasard, mais est-ce que tu as eu d’autres idées de support auparavant ?


LK: Au départ je voulais refaire un collage, un peu comme celui que j’avais fait pour le fanzine (cf Putain d’amour), mais j’étais un peu lassé et avais envie de tester autre chose. J’ai d’abord envisagé d’utiliser un genre de latte et d’y suspendre les différents personnages et éléments avec du fil dans un style « théâtre de marionnettes ». Puis je suis parti sur la planche de bois après que cette fameuse tâche rouge dont je parlais plus tôt m’ait convaincu (rires).


RD: C’est intéressant parce que tu appelles ta création Disney aujourd’hui, mais le bois évoque le fait de compter le temps, notamment avec ses cernes. Je me demandais si c’était voulu ou pas.


LK: Absolument pas mais c’est super bien vu ! Ce n’était pas du tout volontaire mais maintenant que tu le dis, le support sert d’autant plus le propos.



RD: Par rapport à Putain d’amour où les éléments sont resserrés, pourquoi est-ce que tu as choisi de les éparpiller ici ?


LK: Dans Putain d’amour, tout était rempli. Je pense que si j’avais tout resserré ici, il y aurait eu de gros vides sur les côtés, donc j’ai essayé de m’adapter au format et d’équilibrer la répartition. Pour éviter de donner l’impression que par exemple une partie serait trop remplie à la différence d’une autre qui ne le serait pas assez.

En fin de compte, j’ai fait un peu comme si j’avais placé des personnages sur une petite scène ou une maquette.


RD: Du coup, quel est ton film Disney préféré ?


LK: Spider-Man (rires). Non je plaisante. En fait je n’en ai pas qu’un seul. C’est surtout ceux des années 90 comme je dis souvent. J’aime quand c’est inspiré de contes mais pas seulement : La Petite Sirène, Aladdin, La Belle et la Bête ; mais aussi les premiers donc Blanche-Neige et les 7 Nains, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant. J’aime aussi beaucoup Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame ou encore Tarzan. J’aime énormément la période en animation 2D avec des dessins faits à la main, également parce que le style de dessin est l’une des choses que je préfère chez Disney et qui m’a autant séduit chez eux. C’est également ça qui m’a fait commencer à dessiner quand j’étais enfant.

L’un de mes films d’animation préférés, qui appartient aujourd’hui à Disney puisqu’il est rattaché à la Fox, est Anastasia. Beaucoup de gens pensent que c’est un Disney puisqu’il en emprunte bien des codes. Don Bluth, l’un des réalisateurs, a travaillé pour Disney avant de quitter le studio. C’est sans doute le meilleur plagiat de Disney jamais fait. (rires)


RD: Pour toi, quels éléments font un bon film Disney ?


LK: D’abord, j’accorde une grosse importance aux dessins, d’ailleurs je suis moins réceptif aux nouveaux films Disney en animation 3D à cause de ça. De la bonne musique, que ce soit dans les chansons ou l’instrumental. Une bonne histoire qui soit prenante sans être révolutionnaire mais qui soit accessible pour tout le monde, des personnages attachants… Ces derniers temps j’ai pas mal revu Aladdin, et les chara-designs sont parmi les meilleurs que Disney ait faits, ce sont vraiment des personnages entrés dans l’inconscient collectif. Et Jafar est le meilleur méchant Disney, peut-être même le meilleur méchant de dessins animés (rires). Il y a un côté scénographique dans la mise en scène, ce n’est donc pas étonnant que plusieurs Disney aient été adaptés à Broadway. Il y a beaucoup de séquences comme ça qui restent en tête, notamment dans La Belle et la Bête par exemple, pendant la chanson C’est la fête. J’aime quand Disney crée des images qui vont marquer les esprits, que ce soit dans le design des personnages, certains plans etc.

Je parlais de Jafar, donc je pense aussi qu’un bon méchant, iconique, est de mise.


RD: D’ailleurs à propos des histoires et des messages véhiculés, beaucoup disent que les nouveaux Disney peinent à inventer des histoires pour servir leur message. C’est comme si le message était crié haut et fort et que ça manquait de subtilité. Par exemple avec les héroïnes féministes ou plus largement quand on veut parler d’acceptation. Il y a un côté politique qui ressort dans les nouveaux Disney qui était moins flagrant dans les anciens. Parfois c’est un peu au détriment de l’histoire, est-ce que c’est quelque chose qui te gêne ?


LK: J’avoue que les nouveaux Disney, je les aime bien mais sans plus et ne les regarde plus forcément… Dans les anciens il y a des choses qui ont mal vieillies. Pour reprendre l’exemple d’Aladdin, Jasmine est un personnage très sexualisé alors qu’elle est censée avoir 15 ans et on dirait une femme adulte qui répond à de nombreux standards de beauté. Cependant, je ne m’en souvenais pas, mais en l’ayant revu, je trouve que ça reste un personnage féminin qui s’affirme pas mal, ce qui était plutôt avant-gardiste pour l’époque.


C’est là que je me rends compte que les choses n’ont pas tant changé que ça. Par exemple dans Vaïana, certes elle ne recherche pas l’amour, ce qui est une superbe évolution, mais encore une fois elle correspond à tous les critères de beauté. En revanche c’est un personnage qui n’est pas blanc et ça a son importance en termes de représentation et d’inclusion. On peut aussi citer Raiponce, qui comme beaucoup de princesses Disney n’a pas de mensurations réalistes et rentre également dans les canons de beauté. Néanmoins, ça fait longtemps que je n’ai pas vu le film, mais j’ai le souvenir qu’elle a quand même un côté bien plus féministe que d’anciennes héroïnes du studio.


J’adore La Princesse et la Grenouille, notamment pour son traitement du personnage féminin. Comme Vaïana, Tiana n’a pas pour objectif premier d’épouser un prince, elle a un vrai projet. C’est peut-être une des princesses Disney les plus réalistes. Elle veut monter sa boîte, son restaurant ; à contrario sa meilleure amie Charlotte est un peu une caricature très drôle des anciennes princesses Disney puisque tout ce qui l’intéresse est d’épouser un prince, peu importe lequel (rires). C’est également la première princesse noire, même si dans les 3/4 du film elle est transformée en grenouille, mais à l’époque c’était quand même une avancée. Toutefois, encore et toujours, elle répond à beaucoup de diktats corporels.


En termes de message, il y a les nouveaux films d’animation mais également les anciens qu’on refait en « live-action », « remis au goût du jour ». Sachant que pour la plupart, il s’agit de copiés-collés plan par plan. Je ne les regarde plus mais j’avais quand même vu celui de Blanche-Neige et les 7 Nains, ça me semblait moins tiré par les cheveux d’en faire un remake étant donné que l’original a près d’un siècle. Ce film a été assassiné avant même sa sortie, mais étonnamment j’ai trouvé que c’était peut-être l’un des remakes les moins intéressants.


RD: Ils se recyclent. Encore une fois ton support est parlant. Toi tu recycles une planche, eux recyclent leur catalogue. Ça me rappelle un livre de Mark Fisher que j’ai lu, qui s’appelle Spectres de ma vie et qui aborde la question du capitalisme. Fisher parle du fait que le capitalisme produit ses propres fantômes, et dans le cas de Disney c’est encore plus flagrant. Le capitalisme crée de la nostalgie en variant les formes, comme Disney le fait avec ses remakes par exemple, quitte à refaire un film seulement 10 ans après sa sortie.


LK: Ça veut aussi dire que la durée de vie d’un film est désormais très courte ! Pour revenir à Disney, ce n’est plus vraiment artistique, c’est soit une manière de se faire de l’argent en faisant des suites, refaire ce qui a déjà été fait ou alors puiser dans ce qui a été racheté. Il y a de moins en moins de prises de risque.


RD: Pour rebondir sur la durée de vie d’une œuvre aujourd’hui, je pense que c’est aussi symptomatique de notre époque et du fait que maintenant, tout va plus vite. La perception du temps n’est plus la même. De ce fait, ce n’est pas si surprenant que ça de voir Disney recycler ce qu’ils ont fait il y a 10 ans avec Vaïana.


LK: À contrario, des personnages Disney très anciens sont restés populaires comme Cendrillon, qui a fêté ses 75 ans l’année dernière. C’est peut-être lié au fait qu’il s’agisse d’une des plus célèbres adaptations occidentales d’un conte incontournable du patrimoine. L’âge du film de Disney ne se ressent pas tant que ça, mais peut-être que la nouvelle génération serait plus sévère et pourrait trouver ça « cringe », gnangnan et vieillot. En ce qui me concerne j’ai quand même le facteur nostalgique, « madeleine de Proust ».


D’un point de vue technique par contre, je trouve que des films comme Aladdin (1992) ou Tarzan (1999) n’ont pas pris une seule ride. À tel point qu’on pourrait s’amuser à les imaginer sortir en salles aujourd’hui.


RD: Finalement « Disney aujourd’hui » est un appel en tant que fan à ce que Disney revienne à ce qui faisait son identité tout en se renouvelant. En ce sens tu restes fortement attaché aux Disney d’antan. Est-ce que tu penses qu’ils sauront restaurer leur identité ? Et est-ce que tu penses que leurs futurs projets sauront autant marquer les esprits que leurs anciens ?


LK: Hélas, il ne me semble pas impossible que les toutes premières œuvres de Disney se perdent et soient délaissées du grand public, hormis les cinéphiles ou passionnés. Je parlais de Cendrillon tout à l’heure qui pour l’instant est restée populaire, mais j’ai l’impression que des personnages comme Mickey – l’emblème de Disney – perdent en popularité auprès du jeune public actuel. Qu’on ne les connaît presque plus que comme étant des mascottes de produits dérivés, oubliant un peu les dessins animés dont ils sont issus.


Je pense que le Disney que les gens de ma génération et des précédentes ont connu se transmettra toujours, mais qu’hélas c’est un âge d'or qui s'est terminé et je doute que cela revienne. Le groupe a transitionné ces 25 dernières années pour devenir gestionnaire de licences, là où nous l’avions d’abord connu comme spécialisé et réputé dans l’animation. Néanmoins, Disney a un nouveau PDG depuis peu, peut-être que celui-ci saura ramener ce qui faisait l’ADN de la firme. C’est beau de rêver… D’ailleurs est-ce que ça n’était pas leur rôle premier justement, de nous faire rêver ?


Pauvre Walt Disney.


 
 
 

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