Écriture verticale 2, Daniel ROMERO (2025) : le contrat entre Daniel et les flammes
- DUSSART Romane

- 10 mars
- 2 min de lecture

Tout brûle dans Écriture verticale. De la passion à la souffrance. Du cœur qui s'embrase au corps qui se vide. Le poète ne rompt pas avec l'image traditionnelle de l'écrivain qui se fait torturer par la femme aimée. Cette seconde Béatrice lui fait la visite des enfers. Elle lui prend la main mais pour mieux la lâcher. Son cœur fait le yo-yo pour le dire en des termes moins poétiques.
Écriture verticale. Un titre pour éviter de dire le mot « poésie ». Pourtant lorsqu'on pose la question à l'intéressé, la réponse est claire : ce n'est pas de la poésie. Ce sont des états d'âme stockés « comme des sachets de sucre de la compagnie Bangladesh Airlines ». Un titre impersonnel pour un recueil très personnel. Car c'est une véritable autobiographie poétique que dessine Daniel Romero. Le reflet d'un autre Narcisse qui contemple sa douleur et les ondes qui s'en éloignent. Un jour le poète se montre un poil rebelle et lucide face à ses problèmes. Un autre, il ne se reconnaît plus lui-même et cherche à « se ressembler ».
Figure brisée, anéantie et tourmentée par un idéal amoureux, Daniel Romero ramasse chaque morceau de sa vie et les assemble sans chercher à en donner un sens logique. Car l'Amour n'est pas rationnel. Surtout, à travers ses différents poèmes qui « commence[nt] par la fin », le poète rappelle que l'amour est en dehors de toute logique temporelle. On se projette, on se jette à corps perdu dans l'aventure puis on analyse à travers la fenêtre tous les oiseaux qui sont passés dans le mauvais sens.

Écriture verticale. Un titre, donc, impersonnel, pour un poète qui l'est tout autant. Une image au fusain, une marque qui s'efface. L'homme est constamment vêtu de noir avec ses t-shirts pop – style très adolescent – et un cuir spleenétique par-dessus. Mains dans les poches, cigarette à la bouche, il donne l'impression de traîner sa peine partout où il va. Il manquerait plus qu'un casque sur les oreilles pour se couper totalement du monde. Pourtant, on en est pas loin. Véritable encyclopédie musicale,
notre homme passe ses journées à éplucher la discographie de ses artistes préférés. S'il ne devait en citer que trois ce serait : David Bowie, Pink Floyd et Neil Young, en plus d'autres musiques qu'il vous balance à quatre heures du matin alors qu'il se lève à sept heures. Un poète qui vit la nuit pour lui-même et qui regarde le jour avec des lunettes de soleil.
En lisant son recueil une chanson me revient en tête. Une chanson une fois de plus partagée après minuit pendant l'écriture chaotique de son recueil : « Misery is a butterfly » de Blonde Redhead. Parce que tout ce que le poète a à offrir à tous les amoureux perdus c'est la transfiguration de la douleur : « tu m'as donné de ta boue et j'en ai fait de l'or » (Charles Baudelaire, Projet d’un épilogue pour l’édition de 1861 des Fleurs du mal.)


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